Richard Amalvy | Charlie et l’esprit français
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Mobilisation républicaine.

Charlie et l’esprit français

Depuis mercredi, notre pays est secoué par l’horreur de l’attentat commis dans les locaux de Charlie Hebdo qui a vu l’assassinat odieux de ses dessinateurs et journalistes, de leurs collaborateurs et amis, et des policiers chargés de les protéger.


L’émotion que nous ressentons a de multiples origines. Une nous touche profondément : c’est l’esprit français que les terroristes ont voulu assassiner. C’est l’esprit de Rabelais, de La Fontaine, de Molière, de Beaumarchais, de Voltaire et de tous ceux qui depuis, par leurs plumes, écrivant ou dessinant, ont pris le parti d’en rire, comme le proposait Pierre Dac.

Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski ont été les compagnons de notre école buissonnière. Par l’humour et par la dérision, ils ont montré le roi tout nu, ils ont fait sauter les chapeaux à plumes que la nuit du 4 août n’a pas réussi à raccourcir, ils ont montré que les vaches sacrées faisaient aussi des bouses. Ils ont transgressé des interdits moraux que nous ne savions pas surmonter ; ils ont été impertinents sur tout, et surtout quand nous ne pouvions pas ou ne savions pas l’être. En nous faisant rire, même au dépend de nos convictions et de nos croyances, ils nous ont aidé à forger notre sens critique, qui, avec la philosophie, contribue à maintenir cet esprit français.

Nous courons tous le risque d’être con à un moment ou un autre. Brassens, Audiard et Audouard nous l’ont bien raconté. La mission salutaire de Charlie Hebdo, c’est de nous aider à nous en rendre compte, et par le rire, de nous amender. C’est essentiel pour la démocratie et pour le vivre ensemble. Cela ne peut pas s’arrêter.

Nous pensons aussi à Bernard Maris qui nous a fait découvrir l’économie de manière différente, déjà à Toulouse.

Dès mercredi prochain, pour montrer notre soutien à ceux du journal qui sont bien en vie, pour résister, pour montrer que l’unité nationale peut se faire dans le deuil mais aussi dans l’humour, il suffira d’aller au kiosque pour acheter l’hebdo.

Les assassins n’ont pas tué Charlie puisque nous sommes tous Charlie, Français de toutes origines, républicains et amoureux de la liberté.

Richard Amalvy